Cahier de Recettes décadentes. Entretien avec Justine Bonno de Maison Ivy.

Cahier de Recettes décadentes. Entretien avec Justine Bonno de Maison Ivy.

Rien de plus beau qu’un jour de fête du travail pour sortir le ” Cahier de recettes décadentes “. Une ode aux relations humaines et aux plaisirs sensoriels. Un projet d’édition collectif et collaboratif disponible en libre-accès et mené par plusieurs membres de La Serre. Rencontre avec son autrice.


Cahier de recettes décadentes. Un livre de cuisine qui mêle, fiction, correspondance et gastronomie.
Par Maison Ivy, Séverine Martinez et Camille Mansuy.

Qui suis-je ?

Je m’appelle Justine Bonno, je suis auteure et rédactrice et j’ai créé mon activité il y a un an sous la marque Maison Ivy. Je voulais porter mon activité derrière un autre nom que le mien pour expérimenter différentes techniques et supports d’écriture, seule ou en collaboration. D’un côté je crée des mondes fictionnels et de l’autre je mets mon amour de la structure et de la formulation parfaite au service de personnes ou d’entreprises. Ce qu’on appelle l’écriture publique. Une écriture technique tournée vers l’autre.

Et Maison Ivy, elle propose quoi ?

J’y propose tout ce qui peut se faire autour de l’écriture. De la rédaction print, de la rédaction de contenu pour le web, de la papeterie en micro-édition et des ateliers d’écriture. C’est une palette assez large mais j’ai quelques thématiques de prédilection pour lesquelles on m’appelle spécifiquement :

  • produits et services d’exception
  • justice sociale
  • arts
  • développement personnel
Les lettres prêtes-à-poster dans la collection papeterie

https://www.facebook.com/MaisonIvy.JustineBonno/

https://www.instagram.com/maison.ivy

C’est quoi ton confinement Justine ?

Mon confinement je l’ai investi comme une occasion de changer de rythme en famille et de se redécouvrir dans un quotidien qu’on n’a jamais partagé. C’est aussi un temps privilégié pour redessiner le futur individuellement, en couple et collectivement. Qu’est-ce qui ne marche pas ? De quoi on a envie ?

Je suis confinée dans des conditions royales donc je ne vais pas m’étaler sur le sujet. Cuisine, jardin, jeux, repos, retrouvailles sensuelles et écriture. Voilà le programme.

C’est un moment assez extraordinaire pour quelqu’un comme moi qui s’est toujours sentie inadaptée à ce monde productiviste lancé à toute vitesse et droit dans le mur. D’une certaine manière je suis rassurée, je ne suis pas dingue. Donc je bois mon thé en regardant ce vieux monde s’effondrer et en me demandant ce que je vais pouvoir apporter au monde d’après.

C’est comme ça qu’est apparue l’idée du cahier de recettes ?

Exactement! Et ça a été une succession de synchronicités.

J’aime bien manger mais je m’emmerde assez vite dans le processus. Par contre j’adore les livres de cuisine et tripoter les cahiers d’écolier.es de ma grand-mère sur lesquels elle a copié l’équivalent de deux années de recettes Femme Actuelle des années 70. J’aime bien voir son écriture et essayer de deviner pourquoi elle a choisi de recopier celle-ci et pas une autre.

Cuisine et transmission. Les cahiers en pattes de mouches de Marie-Thé.

L’été dernier j’ai commencé la micro-édition avec la création d’une quinzaine de lettres prêtes-à-poster sur les thèmes des relations humaines essentielles : aimer, mourir, manger, donner la vie. Il y avait trois lettres revisitant des recettes de cuisine. Puis on m’a demandé de les réunir sous forme de cahiers ou de livre d’artiste. Je n’ai pas pris le temps de le faire.

En février j’ai découvert le « Cahier de recettes d’hiver » de Jean-Louis et Claire Farjot, des amis restaurateurs de l’île de Groix. Un livre magnifique réalisé par Agathe Marin, édité par la librairie l’Écume qui s’est montée en éditrice pour l’occasion. Puis imprimé par l’atelier Super Banco à Brest. Leur travail collaboratif artisanal a achevé de me séduire.

Alors quand tout s’est arrêté et que j’ai vu l’élan créatif et solidaire. Aussi bien les artistes, les indépendants et les entreprises qui mettaient tout un tas de ressources en libre-accès, je me suis dit :

  • Pourquoi ne le fait-on pas plus souvent ? Qu’est-ce que ça nous coûte franchement ?
  • Banco ! Je me lance.

J’ai proposé à mes collègues de La Serre d’écrire d’autres recettes et d’en faire une aventure collective. On a travaillé en douceur, dans la joie et la détente. Ce qui a donné ce cahier de 9 recettes et un bonus pinard, que vous pouvez lire entièrement en ligne ici-même 🙂

Bonne lecture !

Merci à Séverine Martinez pour la direction artistique et la stratégie, Sophie Vrignaud pour la création du blog, William Messerly pour les corrections (le fils de Léna Messerly notre sophro !), Violette Suquet pour les conseils communication et Camille Mansuy pour les illustrations.

Justine Bonno entretenue par Séverine Martinez.